Partager l'article ! Besançon se jette à l'eau: La ville de Besançon a créé en 2006 une marque pour son eau municipale. Elle s’appelle « ...
La municipalité de Besançon montre que la ville peut s’affirmer comme fournisseur d’un service public de qualité, certes, mais aussi porteur de sens. Le sens. C’est cela qui compte aujourd’hui. Le sens et l'émotion. On pourra toujours bassiner les gens avec la super qualité de l’eau qui jaillit de leur robinet, ce n’est pas cela qui les empêchera de s’en méfier, de ne pas aimer son goût et de se ruer vers les eaux de source ou les eaux minérales. Parce que la question n’est pas (ou pas uniquement) celle, rationnelle, de la qualité objective du produit ou du service, mais celle, plus affective et émotionnelle, du sens que cette consommation prend. Besançon essaie de donner du sens à la consommation de l’eau de la municipalité, et c’est très intelligent – même si l’argumentation publicitaire reste encore assez factuelle. La ville réussit à ne pas être ennuyeuse et à adopter des codes contemporains efficaces, ce qui est assez rare dans le cas des tentatives de branding public. Cependant, il ne fait pas oublier qu'une marque se construit dans le temps, ce dont La Bisontine ne semble pas bénéficier, c'est dommage.
La Bisontine résonne particulièrement avec l’actualité publicitaire de ce début d'année 2007 : la marque Cristaline se positionne comme concurrente directe de l’eau du robinet. Si le service public peut se défendre face aux marques commerciales, cela doit se faire sur le plan de la marque, c’est-à-dire de l’affirmation et de l’expression, d’une identité, d’une mise en relation avec des usagers, etc.
Sinon, on va voir les politiques (indignés, mais bien contenst d'avoir quelque chose à dire...) sortir de leur trou pour défendre les services publics dès qu’ils sont attaqués par la moindre campagne de publicité : et ils le font en général avec des arguments maladroits. Si le service municipal de l'eau n'était pas symboliquement si faible, il n'aurait pas besoin d'être défendu face à la petite campagne de Cristaline, qui touche les faiblesses de l'eau du robinet dont personne ne se préoccupe vraiment : il convient de lui donner sa place face aux marques commerciales.