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Publié par boris maynadier

Benoît parle dans son blog d'un très belle étude sociologique (pdf) sur les liens d'attachement noués entre les individus et leurs villes. Cette étude me semble intéressante, mise en perspective avec la problématique que je soulève d'un point de vue du marketing de la ville, c'est-à-dire notamment comment renforcer cet attachement.

"Une personne sur trois interrogée dans l’enquête Histoire de vie évoque son lieu d’origine  ou un lieu d’attachement, comme importants pour dire qui elle est. Dans un contexte où  les parcours géographiques individuels sont de plus en plus complexes, le lieu de naissance et la nationalité sont insuffi sants pour comprendre comment se forme le sentiment  d’appartenance des populations à un territoire."

France Guérin-Pac met le doigt sur l'idée que :

"Se référer à son lieu d’origine pour se définir est beaucoup plus fréquent pour les personnes immigrées ou de parents immigrés que pour celles nées françaises. Les immigrés  devenus Français se réfèrent moins souvent à ce lieu, même s’ils le citent fréquemment  comme lieu d’attachement. "

Si le marketing urbain peut jouer sur l'attitude "attachement", l'identification est une autre histoire, créer de l'identification dépasse la question de l'attachement : les individus doivent pouvoir construire des parcours personnels liés au territoire pour développer ce sentiment. La notion de "personnalité de marque" appliquée à la ville peut permettre de comprendre certains phénomènes d'identification.

L'auteur met aussi en évidence le niveau de la commune comme le plus susceptible de faire l'objet d'un attachement, comparé au département, à la région ou au pays (sans parler des continents, de l'Europe notamment).

la différence est aussi faite entre différents types de lieux subjetctifs. L'auteur définit quatre types de lieux :
                les lieux d'attachement
                les lieux de projet
                les leiux de sépulture
                les lieux d'origine

Le lieu d'attachment, il faut le noter, ne serait fonction ni  de l'âge ni de la CSP.
Le lieu de sépulture est cité par les personnes plus âgées (22 % des moins de 30 ans et 70 %  des plus de 70 ans) et attachées à la terre, ou qui souhaitent revenir sur leurs terres d'origines (déracinés). Comme les lieux d'origine, il s'agit avant tout des lieux de naissance.
Ce sont les étudiants qui parlent le plus de lieux de projets, ils sont aussi les plus enclins à donner un lieu d"attachement, avec les cadres. Il ya une réflexion intéressante à porter ici en croisant ces réusltats avec la théorie de la classe créative de Florida.

Pour aller plus loin sur les réflexions hypermodernes, l'individualisme contemporain :

" Donner un lieu d’attachement est plus le fait de personnes vivant seules, d’étudiants, de personnes ayant investi dans un endroit (propriétaires), ou de milieu social aisé, ou encore ayant connu une forte mobilité. Le lieu de projet est surtout le fait des moins de 50 ans, des personnes n’ayant pas d’attache matérielle ou professionnelle, et des personnes qui ont effectué leur parcours en milieu urbain."


Travail d'un grand intérêt, j'y reviendrai après l'avoir un peu mûri...



Guérin-Pac F. (2006), Lieux habités, lieux investis :  le lien au territoire,  une composante identitaire ? , Économie et statistique, n° 393-394, 2006, pp. 100-114
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