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Publié par boris maynadier

La théorie postmoderne postule la fin des "grands récits" ou "méta-récits" dans le monde contemporain. Ce phénomène aurait pou effet de mettre fin à la modernité, telle qu'elle est née grosso modo pendant la Renaissance et pendant la période dite des Lumières.

Qu'est-ce-qu'un grand récit, demanderez-vous ? C'est en réalité assez simple : il s'agit des structures de la société, comme les institutions (l'État), la famille comme structure sociale de base, la foi dans le progrès et dans la science, la croyance dans la paix universelle, la justice, la raison, l'amour, etc.

Les postmodernes annoncent, en simplifiant à l'extrême, la fin de ces structures. Et par là, ils annoncent la fin de la modernité.

Les postmodernes ont raison sur un point : quelque chose a changé, les structures ne sont plus celles du XIXème siècle, l'optimisme des lumières n'est plus d'actualité.
Les postmodernes se trompent sur un point : cela ne signifie pas pour autant la fin de la modernité, les grands récits se transforment, mais ne disparaissent pas.

Je pense que l'approche hypermoderne du monde contemporain est plus efficiente pour décrire le monde que le postmodernisme. le monde n'est pas moins moderne, il l'est de plus en plus, mais différemment.

François Ascher (1995, 2004) (plus ici) montre quelques caractéristiques du capitalisme cognitif et ses effets sur l'urbanisme, la structure hypertexte qui se met en place.
Gilles Lipovetsky (2004, 2006) met en évidence les caractéristiques hyper-individuelle de la société de consommation et de désir, octroyant au marketing son rôle moteur dans cette hypermodernisation. La société d'hyperconommation se dit heureuse, mais est pleine d'angoisses et de stress et reste attachée à des valeurs comme l'amour ou la démocratie ou les droits de l'homme.
Pierre-André Taguieff (2004) dissèque avec minutie le grand discours du progrès et nous met sous les yeux sa métamorphose profonde et non sa disparition.
Richard Florida (2002, 2004, 2005), avec peut-être quelques excès, s'enthousiasme pour la nouvelle place que tient la créativité dans les processus éconmiques des territoires, villes ou pays (classe créative).

Les auteurs sont nombreux, qui se réclamnent de l'hypermodernisme ou pas, qui en apportent une définition de plus en plus précise.

Références
    Ascher F. (1995), Métapolis, ou l'avenir des villes, Odile Jacob, Paris, 2002
    Ascher F. (2004), La société hypermoderne, ou Ces événements qui nous dépassent, feignons d'en  être les organisateurs, L'aube, Paris, 2004
    Florida R. (2002), The rise of the creative class... and how it's transforming work, leisure, community,  & everyday life, Basic Books,  New York, 2004
    Florida R. (2004), The flight of the creative class, Harper Business, New York, 2004
    Florida R. (2005), Cities and the creative class, Routledge, New York, 2005
    Lipovetsky G. (2004), Les temps hypermodernes, Grasset, Paris, 2004
    Lipovetsky G. (2006), Le bonheur paradoxal, Essai sur la société d'hyperconsommation, Gallimard, 2006
    Taguieff P.-A. (2004), Le sens du progrès, une approche historique et philosophique, Flammarion, Paris, 2004