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Publié par boris maynadier

L'émergence de la créativité comme valeur centrale de nos sociétés hypermodernes, décrite par Florida, est critiquée, parfois à juste titre, cependant...

L'auteur nous met sous le nez quelque chose d'important. Cette créativité définit une bonne part de nos activités et engendre de nombreux bouleversements socio-économiques.

En bon économiste, Florida met en avant un point essentiel pour lui : ce qui change réellement, c'est que la créativité est désormais profondément installée dans l'économie, au sein des entrteprises. Pour lui, tout le monde est créatif, il le répète dans tous ses bouquins, mais ce qui définit la classe créative est la mise en oeuvre de cette créativité au sein d'une activité rémunérée : il faut gagner sa vie avec.

Donc, dans cette approche, il néglige complètement la créativité hors travail professionel. C'est vrai, alors il faut prendre la théorie de Florida pour ce qu'elle est : une théorie économique et non sociologique.

Voilà ce que l'on peut dire : l'économie s'est transformée et la créativité en fait désormais intrinsèquement partie, de manière, semble-t-il, irréverssible.

Florida le montre plutôt bien. Il faut en tenir compte.

Mais le piège énorme, que tout le monde aura vu, est de faire la ville pour les 30% de la population que représentent en général cette population. Et oublier les autres. L'erreur serait fatale : vouloir attirer la Classe Créative et négliger les autres.

Il faut comprendre que, d'un point de vue sociologique, cette créativité dépasse le cadre profesionnel, que de très nombreuses personnes ont des activités créatives pendant leurs loisirs, font partie d'associations...

Bref, le point de vue économique me paraît aller dans la bonne voie, mais il est insuffisant. Vivement que les sociologues s'intéressent sérieusement à la question.

La classe créative, d'un point de vue économique, socioprofessionel, existe. Elle peut être clairement définie. Les indices qu'utilise Florida pour la comprendre et les conclusions qu'il en tire pour la gestion des villes sont moins convaincants.

Ce que l'auteur met aussi en avant, c'est l'importance d'une sorte d'état d'esprit créatif qui peut règner dans un pays ou une ville. L'importance des investissements dans l'éducation et la recherche. L'importance d'un climat général positif. Et là, en France, tant que nos politiciens et médias joueront la carte de la peut et de la répression, rien ne sera possible, car rien ne bride mieux la créaticité que la peur.