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Publié par boris maynadier

La campagne des "Fous de Nantes" (site web) s'inscrit pleinement dans la construction identitaire de la ville : la folie comme valeur abstraite y tient une place importante, le goût de l'insolite y est prononcé, le recyclage de l'industrie en art ou en support pour l'art régénère la ville (voir le Lieu Unique, qui recycle l'univers industriel des anciennes usines LU).

Exemple d'une cité post-industrielle et créative, qui se complète, au sein d'une métropole, avec (entre autres) La Baule, à vocation touristique, et Saint Nazaire l'industrielle (néo-industrelle ?).



La folie nantaise est avant tout une folie culturelle, (voir les Folles Journées ici ou encore les Allumés ), qui marque cependant l'activité économique de la métropole. Et voilà les Fous de Nantes...











Gracq écrivait au sujet de Nantes que "la forme d'une ville change plus vite, on le sait, que le coeur d'un mortel" (La forme d'une ville, déjà évoquée ici, Gracq reprend Baudelaire - Le Cygne, dans Les Fleurs du Mal), c'est vrai pour Nantes comme pour d'autres, mais chaque ville change à sa manière. Pour Nantes, il semble que ce soit le refus de la tabula rasa qui prédomine, avec son Île et ses machines qui génèrent un effet de continuité (cf l'histoire de la ville avec Jules Verne).












Il me semble que l'urbanisme de la ville, privilégiant l'espace public au spectaculaire de l'architecture, favorise aussi ces effets de continuité. Pas d'ostentatoire à Nantes. Pourtant Nantes est une ville qui ne cache rien d'elle-même, ni son passé industriel, ni ses moyens de transport (tram, busway), ni la mécanique de ses machines. Elle ne cache pas, mais n'est pas non plus dans la démonstration gratuite : la campagne publicitaire insiste sur la preuve (ce que fait chaque "fou" à Nantes), et non uniquement la promesse de cette sage folie.















Les fous photographiés par Jean-Noël Reichel (son site) montrent aussi comment les dimensions économiques, citadines et institutionnelles (ECI ici et ) sont imbriquées dans la construction des discours de la ville. Il se pourrait même que cette imbrication (qui implique des participations diverses) constitue un des facteurs de succès d'une marque de ville. La marque fonctionnerait alors de manière transversale (plutôt que globale, la ville ne peut jamais se résumer à sa marque, ni la marque englober la ville).




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