Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /Sep /2006 12:59
Dwight Merunka et Abdoulaye Ouattara proposent un article très intéressant qui vise à poser des bases pour pouvoir parler de marque de ville.

Ils font un constat proche du mien en ce qui concerne les lacunes de la littérature sur la question. Ils mettent aussi en avant la complexité de la notion de la "marque-ville".

Les travaux de Merunka sur la personnalité de marque font sûrement partie de son approche de la marque de ville ; je crois qu'il y a là (c'est la problématique de ma thèse) un travail intéressant à proposer.

Je cite :
"Penser la ville comme une marque est  aussi une révolution des esprits pour toutes les parties prenantes. Cela peut aider à réviser les  cadres d’analyses et à déterminer des priorités. Cela peut permettre de mobiliser tous les acteurs autour d’un projet et d’une vision commune."

On peut télécharger l'article ici

Références :
Merunka D. et Abdoulaye O. (2006), La ville en tant que marque : métaphore ou réalité ?, Working Paper, n° 769, CEROG IAE Aix-en-Provence, 2006

Ambroise L., Ferrandi, J.M., Merunka D., Valette-Florence P and V. De Barnier (2005), How    Well Does Personality Predict Brand Choice? A Measurement Scale and  Analysis using    Binary Regression Models, Asia Pacific Advances in Consumer  Research, vol. 6, 30-38
Par boris maynadier - Publié dans : Organisation du sens
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /Sep /2006 22:12

Les villes qui veulent atteindre le statut de ville mondiale mettent en place des stratégies de marque globales, aptes à les mondialiser. J'ai déjà abordé le cas de Songdo qui est très particulier, puisque la ville est en train de naître. Hong Kong constitue un cas plus classique.

Il en va ainsi pour Hong Kong : « Asia's World City » (brandline officielle)



Saskia Sassen a proposé, en, 1991, la catégorie des « villes mondiales », les « global cities ». En ce début des années 1990, trois villes étaient concernées : New York, Londres et Tôkyô.








Hong Kong entend clairement faire partie du lot des villes où se joue le sort du monde hypermoderne. L'approche se veut très institutionnelle (au sens de la communication institutionnelle), développant une image business, moderne, dans le but de promouvoir l'économie de la ville et d'attirer les investisseurs.



Voici un extrait de la plateforme de marque officielle :

« Hong Kong is where opportunity, creativity and  entrepreneurship converge.  It is a dynamic physical and  cultural hub with world-class infrastructure, Asia's most  strategic location and a global network of people with  an impressive record of success that can support  achievement of your goals and objectives.

These core values underpin Hong Kong's positioning as  Asia's world city:  Progressive, Free, Stable, Opportunity,  and High Quality. »

Si ces valeurs peuvent être différenciatrices sur le marché des villes chinoises, elles ne le sont peut-être pas sur celui des villes globales, ce qui pourrait être un point faible, la marque ne semble pas proposer de réelle saillance comme peut le faire Edinburgh.

Site web ici

Sassen S. (1991), La ville globale, New York, Londres, Tôkyô, Paris, Descartes & Cie, 1996


Par boris maynadier - Publié dans : Hongkong
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /Sep /2006 16:59
Je cite Rabin et Gwiazdzinski, dans Si la ville métait contée... (2005, p.20 et suivantes) :

"Dans un contexte de compétition exacerbée pour attirer les nouvelles entreprises, les villes ont développé un nouveau concept : le marketing territorial. L'objet de cette pseudo science est simple. Comment faire pour transformer une vieille cité européenne avec ses défauts en métropole européenne capable de participer à la compétition des Eurocités ? Une nouvelle fois, les symboles remplacent la complexité. L'immeuble en verre devient symbole de la modernité, même si, partout présent, il n'est déjà plus un facteur de différenciation. (...) "L'omphalomanie" dénoncée par Roger Brunet - capacité de n'importe quel "trou" à se prendre pour le centre du monde - n'est pas loin."

Pour la suite, dans le même veine, lisez le bouquin.


La réflexion des auteurs pousse à la remise en cause de certains clichés. Pourtant, ils tombent eux-mêmes dans la facilité en pensant la dénoncer : le marketing est caricaturé à ce qu'il a de plus visible et, il est vrai, parfois stupide. Mais le marketing, notamment avec la notion de marque ou de relation, ne se résume pas à cet unique pensée monotone de la rentabilité scientifisée, il est lui-même complexe.

Ceux qui s'intéressent à mon travail comprendront en quoi il vise précisemment à faire de la ville une marque sans la réduire à un ensemble de stéréotypes stériles. Je veux montrer que la marque de ville ne se gère pas de la même manière que la marque produit ou entreprise, que l'on doit tenir compte de sa  complexité. Mais quand on a dit ça, on n'a rien dit, pour aller plus loin, je propose quelques pistes (shéma ESI, Shéma génératif, personnalité de la marque de ville, attachement à la marque de ville). On peut aussi lire le très bon "Le marketing des villes", si on le trouve.

Là où j'abonde dans le sens de Rabin et Gwiazdzinski, là où je trouve leur intelligence, c'est dans leur manière simple de faire comprendre que la ville est complexe. Notons que si elle ne l'était pas, complexe, elle ne pourrait pas faire marque. Elle ne pourrait pas être unique. Ce qui fait l'unicité de la ville, c'est justement sa complexité, exactement comme Philippe Michel (2005) le disait des marques.

L'"omphalomanie" dénoncée me permet d'aborder une question importante : toute ville a-t-elle vocation à devenir une marque ? Rien de moins sûr. La ville n'est pas une marque par nature, seule une décision réfléchie doit la conduire à en faire la démarche. Et pour certaines, il vaudra mieux qu'elles ne jouent pas ce jeu marketing.

Est soutendu un autre discours : le marketing de la ville veut faire de chaque ville le centre du monde. C'est un travers que l'on retrouve très souvent : "la ville au centre de tous les réseaux", "la porte vers tel ou tel continent, ou région", etc. Une fois de plus, "je suis le plus fort", "le plus intelligent" et "je suis indispensable". Ces discours sont inutiles et peu crédibles, la mégalomanie guette certaines grandes ou petites municipalités, et une belle marque, ce n'est pas ça, puisqu'elle nécessite de jouer sur la complexité.


Rabin R. et Gwiazdzinski L. (2005), Si la ville métait contée... Paris, Eyrolles, 2005
Brunet R. (1992), Les mots de la géographie, Paris, La documentation française, 1992
Michel P. (2005), C'est quoi l'idée ?, Publicité, création et société de consommation, Paris, Éditions Michalon, 2005
Noisette P. et Vallérugo F. (1996), Le marketing des villes, Un défi pour le développement stratégique, Les éditions d'organisation, 1996

Merci à Sarah pour la référence
Par boris maynadier - Publié dans : Actus et liens
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 09:50
Les villes qui bénéficient de la croissance la plus forte dans chacune des 10 plus importantes économies du monde, selon Newsweek (juillet 2006) : attention, on s'accroche !

Moscou
Londres
Toulouse
Munich
Las Vegas
Florianopolis (Brésil)
Ghaziabad (Inde)
Goyang (Korée du Sud)
Fukuoka (Japon)



Où l'on apprend que Toulouse serait en compétition avec Paris pour les JO de 2016. Intéressant, le journal titre, pour présenter la ville rose : "Airbusville", en critiquant son côté mono-industrie.

Les villes moyennes vont connaître un boom incroyable : entre 2000 et 2015, les villes les plus petites (sous 500.000 hab) vont croître de 23 % ; et la catégorie au-dessus (1.000.000 à 5.000.000 hab) de 27 %.

On parle de l'émergence des "second cities", alors que les mégapoles devraient connaître des baisses de progression : dans les années 1980, la croissance des "mégacities" a baissé de 8 %.

Il serait intéressant de croiser tout cela avec les travaux de Richard Florida sur la Classe Créative (pour plus d'infos sur le sujet, vous pouvez fouiller dans cette catégorie). Même si je suis dubitatif sur sa méthode et que certains de ces indices de mesure me semblent discutables, l'idée que les villes du futur sont celles qui sauront développer leur capital humain (enseignement, rapport à la connaissance et aux compétences) me semble intéressante. Dans ce sens, ce ne sont pas les villes chinoises qui feront l'avenir, bien qu'elles connaissent une très forte croissance économique. La créativité sera peut-être ailleurs...
Par boris maynadier - Publié dans : Actus et liens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 21:09
5 ans ont passé après les attentats du 11/09, et NY a des difficultés à se reconstruire. La ville devra recoudre son identité avec les nouveau World Trade Center et le mémorial. Les projets en cours sont discutés, les financements encore aléatoires.

Une première vague de 6 projets avait été proposée aux New Yorkais, propjets qu'is ont refusé en blocs, jugeant qu'ils manquaient d'ambition. 7 architectes de renommé internationnale ont planché sur le sujet et proposé ces projets :

Daniel Libeskind


Norman Foster


THINK


United Architects


Peterson, Littenberg

Richard Meier, Stephen Holl, Charles Gwathmey and Peter Eisenman

Skidmore Owings Merrill


C'est le projet de Libeskind qui a été retenu et dont on peut voir les avancées sur le site web dédié au World trade Center.








Le choix du nom "Freedom Towers" est très chargé en symbolique, et marque la volonté d'une ville qui change de se poser comme lieu de tous les possibles et de tous les mélanges. Big Apple est la ville par excellence et un espace synonyme d'urbanité dans l'imaginaire collectif. Alors si "l'aire de la ville rend libre", comme l'écrivait Weber, alors New York se doit d'être le porte drapeau de cette liberté.
Par boris maynadier - Publié dans : New York
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés