Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /Oct /2006 18:00
Il vient à l'homme qui chevauche longtemps au travers de terrains sauvages, le désir d'une ville. Pour finir, il arrive à Isidora, une ville où les palais ont des escaliers en colimaçon incrustés de coquillages marins, où l'on fabrique des lunettes et des violons dans les règles de l'art, où lorsque l'étranger hésite entre deux femmes il en rencontre toujours une troisième, où les combats de coq dégénèrent en rixes sanglantes mettant aux prises les parieurs. C'est à tout cela qu'il pensait quand il avait le désir d'une ville. Isodora est donc la ville de ses rêves : à une différence près. Dans son rêve, la ville le comprenait lui-même, jeune ; il parvient à Isodora à un âge avancé. Il y a sur la place le petit mur des vieux qui regardent passer la jeunesse ; lui-même y est assis, parmi les autres. Les désirs sont déjà des souvenirs.

Italo Calvino, Les villes invisibles.
Par boris maynadier - Publié dans : Les mots de la ville
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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 19:42
La ville de Johannesburg a redéfini son identité avec Interbrand, et est devenue Joburg, nom inspiré du diminutif que les habitants donnent à leur ville. Cette identité, présentée en 2002 au sommet mondial du développement durable, vise à régénérer l'identité et la cohésion symbolique et imaginaire de la ville. Il s'agit aussi d'attirer de manière sélective touristes et investisseurs. Voilà le résultat en termes d'identité visuelle :








À comparer avec Hong Kong, Edinburg et Songdo.
Par boris maynadier - Publié dans : Johannesburg
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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 19:00
Rennes réussit à travailler avec talent et créativité une belle marque loin des poncifs des marques commerciales. C'est, je crois, une belle réussite. (site)

Rennes, une envie de ville, c'est le résultat de l'alliance d'artistes, de plasticiens, de musiciens et décorateurs dans un projet monté par le duo créatif Estampes / Biografik.

Le résultat est acidulé, c'est le moins que l'on puisse en dire.


Les thèmes abordés sont : "Habiter, Travailler, Sortir, S’engager, Apprendre" et ont vocation à inviter les habitants à vivre pleinement la ville en l'animant sûrement très efficacement.

Je pense que l'opération met pleinement en oeuvre la thématique d'ouverture de la gestion de la marque de ville que je défends :

LA MARQUE DE VILLE DOIT ÊTRE OUVERTE À LA PARTICIPATION CITOYENNE.

Des stratégies tournées vers les investisseurs et touristes sont aussi intéressantes et nécessaires, mais la marque de la ville doit émerger de ses tripes, de ceux qui la font et la vivent tous les jours. Voir pour cela la structure en noeud de la ville (schéma ESI) où je propose de justifier cette idée de coproduction de la ville par trois instances : Institutionnelle (municipalité), Economique (entreprises), Sociologique (les citoyens individuels ; les associations sont hybrides economique/sociologique).

Un joli logo (Edinburgh, Hong Kong), dans ce sens, c'est bien, mais pas suffisant. Là, le marketing traditionnel (issu de la sphère marchande) pèche par envie de rentabilité et de business quand sa vocation est de créer du lien. La marque doit créer du désir, de l'attachement, de la reconnaissance...

L'opération rennaise est pour moi une belle réussite de branding, de gestion de marque avec des outils tout à fait pertinents. Comme le disent Noisette et Vallérugo, le marketing de la ville, je préfère parler de marque, ne peut se réduire à sa conception publicitaire (parfois pertinente, parfois non).

L'objectif d'une marque est de créer du désir, si Rennes le fait, elle est une belle marque. Et une ville peut tout à fait le faire. Rennes arrive notamment à éviter l'écueil du discours institutionnel ampoulé. Du coup, cela génère une personnalité séduisante, proche et non distante (sic !) comme trop souvent. Rennes sera-t-elle une des World's Hottests Cities des années à venir ?

Lecteurs, vous êtes invités à laisser votre avis sur cette opération qui a eu lieu en 2005 (renouvelée ?)

Merci à Anne-Sophie pour l'info ;-)
Par boris maynadier - Publié dans : Rennes
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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 15:32
Avec les moyens de la science et de l'industrie modernes (ou à venir)
on pourrait très bien déplacer les monuments historiques
et les foutre dans le même quartier
qu'on aurait au préalable rasé
comme ça il y aurait côte à côte la Tour Eiffel la Sacré-Coeur Saint-Honoré-d'Eylau
la Sainte-Chapelle le Tribunal de Commerce les Deux-Magots
Sainte-Clothilde l'Opéra
le musée d'Ennery et cetera
ce qui éviterait aux touristes
de se disperser inconsidérément dans les rues de la ville.

Raymond Queneau
Par boris maynadier - Publié dans : Les mots de la ville
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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /Oct /2006 19:24
La ville de Clermont-Ferrand communique, ce mois d'octobre 2006 sur l'inauguration de son tramway. L'événement est d'importance pour la ville, elle a raison de le dire.

La campagne est parue dans la presse nationale (je l'ai vue dans le Nouvel Obs), ce qui dénote une volonté d'afficher le dynamisme de la ville extra muros.



Clermont-Ferrand fait-elle marque pour autant ?

Il ne suffit pas de communiquer pour créer une marque. Et je pense que la ville, si elle est dans une logique de communication évidente, n'est pas entrée dans une logique de marque pour autant, comme Amiens, Edinburgh ou Hong Kong (je sais, toutes ces villes ne jouent pas dans la même catégorie).

L'annonce, si elle est signée par le logotype de la ville, essaie de représenter la ville, de la résumer en montrant ses éléments architecturaux les plus reconnaissables, je crois (un habitant pourra-t-il nosu renseigner ?). Le nouveau Tramway tient alors une place de choix dans la nouvelle modernité affichée de la cité. Cependant, la représentation de Clermont-Ferrand comme un patchwork architectural révèle la difficulté de structurer le discours et en génère une image trop compliquée. Le danger, au final, est une indifférenciation de la ville, la difficulté d'exprimer une véritable personnalité.

Il me semble donc que Clermont-Ferrand ne fait pas marque, que son discours ne s'organise pas en fonction de la forme-marque et est assez confus, malgré la simplicité (apparente) du message à faire passer.
Par boris maynadier - Publié dans : Clermont-Ferrand
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