hypermodernité

Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /Nov /2006 19:11
La métropole des individus, écrit par Alain Bourdin (2005)


Où l'on parle avec talent d'expérience urbaine, de marketing de la ville, d'hypermodernité, de personnalité et d'identité de la ville, des individus contemporains, un peu de la classe créative, de la consommation... Il ne manque que la marque de ville.


Extrait, p.166 :
"Le marketing est une affaire sérieuse et c'est également une manière de produire la ville qui dépasse la stricte communication. Certains estiment que le marketing des villes consiste à vendre la ville comme un produit et s'en offusquent. Ils y voient la preuve d'une mercantilisation généralisée et la domination de la loi du profit. La démarche du marketing urbain (comme d'ailleurs celle du marketing public) est effectivement parente de la démarche commerciale mais pas de manière aussi simple."

A lire pour quiconque s'intéresse aux villes et à leur gestion dans notre modernité, au marketing de la ville ou à l'urbanisme.

À mettre en parallèle avec les écrits de Ascher (Argh ! Je n'ai toujours pas parlé de ses très bons bouquins...) et Noisette et Vallérugo.

Mais n'oubliez jamais qu'il faut se méfier du marketing...
Par boris maynadier - Publié dans : hypermodernité
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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /Août /2006 13:00
La théorie postmoderne postule la fin des "grands récits" ou "méta-récits" dans le monde contemporain. Ce phénomène aurait pou effet de mettre fin à la modernité, telle qu'elle est née grosso modo pendant la Renaissance et pendant la période dite des Lumières.

Qu'est-ce-qu'un grand récit, demanderez-vous ? C'est en réalité assez simple : il s'agit des structures de la société, comme les institutions (l'État), la famille comme structure sociale de base, la foi dans le progrès et dans la science, la croyance dans la paix universelle, la justice, la raison, l'amour, etc.

Les postmodernes annoncent, en simplifiant à l'extrême, la fin de ces structures. Et par là, ils annoncent la fin de la modernité.

Les postmodernes ont raison sur un point : quelque chose a changé, les structures ne sont plus celles du XIXème siècle, l'optimisme des lumières n'est plus d'actualité.
Les postmodernes se trompent sur un point : cela ne signifie pas pour autant la fin de la modernité, les grands récits se transforment, mais ne disparaissent pas.

Je pense que l'approche hypermoderne du monde contemporain est plus efficiente pour décrire le monde que le postmodernisme. le monde n'est pas moins moderne, il l'est de plus en plus, mais différemment.

François Ascher (1995, 2004) (plus ici) montre quelques caractéristiques du capitalisme cognitif et ses effets sur l'urbanisme, la structure hypertexte qui se met en place.
Gilles Lipovetsky (2004, 2006) met en évidence les caractéristiques hyper-individuelle de la société de consommation et de désir, octroyant au marketing son rôle moteur dans cette hypermodernisation. La société d'hyperconommation se dit heureuse, mais est pleine d'angoisses et de stress et reste attachée à des valeurs comme l'amour ou la démocratie ou les droits de l'homme.
Pierre-André Taguieff (2004) dissèque avec minutie le grand discours du progrès et nous met sous les yeux sa métamorphose profonde et non sa disparition.
Richard Florida (2002, 2004, 2005), avec peut-être quelques excès, s'enthousiasme pour la nouvelle place que tient la créativité dans les processus éconmiques des territoires, villes ou pays (classe créative).

Les auteurs sont nombreux, qui se réclamnent de l'hypermodernisme ou pas, qui en apportent une définition de plus en plus précise.

Références
    Ascher F. (1995), Métapolis, ou l'avenir des villes, Odile Jacob, Paris, 2002
    Ascher F. (2004), La société hypermoderne, ou Ces événements qui nous dépassent, feignons d'en  être les organisateurs, L'aube, Paris, 2004
    Florida R. (2002), The rise of the creative class... and how it's transforming work, leisure, community,  & everyday life, Basic Books,  New York, 2004
    Florida R. (2004), The flight of the creative class, Harper Business, New York, 2004
    Florida R. (2005), Cities and the creative class, Routledge, New York, 2005
    Lipovetsky G. (2004), Les temps hypermodernes, Grasset, Paris, 2004
    Lipovetsky G. (2006), Le bonheur paradoxal, Essai sur la société d'hyperconsommation, Gallimard, 2006
    Taguieff P.-A. (2004), Le sens du progrès, une approche historique et philosophique, Flammarion, Paris, 2004
Par boris maynadier - Publié dans : hypermodernité
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Mardi 15 août 2006 2 15 /08 /Août /2006 17:00
L'émergence de la créativité comme valeur centrale de nos sociétés hypermodernes, décrite par Florida, est critiquée, parfois à juste titre, cependant...

L'auteur nous met sous le nez quelque chose d'important. Cette créativité définit une bonne part de nos activités et engendre de nombreux bouleversements socio-économiques.

En bon économiste, Florida met en avant un point essentiel pour lui : ce qui change réellement, c'est que la créativité est désormais profondément installée dans l'économie, au sein des entrteprises. Pour lui, tout le monde est créatif, il le répète dans tous ses bouquins, mais ce qui définit la classe créative est la mise en oeuvre de cette créativité au sein d'une activité rémunérée : il faut gagner sa vie avec.

Donc, dans cette approche, il néglige complètement la créativité hors travail professionel. C'est vrai, alors il faut prendre la théorie de Florida pour ce qu'elle est : une théorie économique et non sociologique.

Voilà ce que l'on peut dire : l'économie s'est transformée et la créativité en fait désormais intrinsèquement partie, de manière, semble-t-il, irréverssible.

Florida le montre plutôt bien. Il faut en tenir compte.

Mais le piège énorme, que tout le monde aura vu, est de faire la ville pour les 30% de la population que représentent en général cette population. Et oublier les autres. L'erreur serait fatale : vouloir attirer la Classe Créative et négliger les autres.

Il faut comprendre que, d'un point de vue sociologique, cette créativité dépasse le cadre profesionnel, que de très nombreuses personnes ont des activités créatives pendant leurs loisirs, font partie d'associations...

Bref, le point de vue économique me paraît aller dans la bonne voie, mais il est insuffisant. Vivement que les sociologues s'intéressent sérieusement à la question.

La classe créative, d'un point de vue économique, socioprofessionel, existe. Elle peut être clairement définie. Les indices qu'utilise Florida pour la comprendre et les conclusions qu'il en tire pour la gestion des villes sont moins convaincants.

Ce que l'auteur met aussi en avant, c'est l'importance d'une sorte d'état d'esprit créatif qui peut règner dans un pays ou une ville. L'importance des investissements dans l'éducation et la recherche. L'importance d'un climat général positif. Et là, en France, tant que nos politiciens et médias joueront la carte de la peut et de la répression, rien ne sera possible, car rien ne bride mieux la créaticité que la peur.
Par boris maynadier - Publié dans : hypermodernité
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Vendredi 21 juillet 2006 5 21 /07 /Juil /2006 09:56

Les théories de Florida font l’objet de nombreuses critiques.

Les assertions de Florida, par contre, ne font à ma connaissance l’objet d’aucune validation empirique, ce qui tend à la considérer comme une « intuition ». Mais peut-être bien une intuition fausse…

Examinons certains point importants :
-    Le concept de « classe créative » reste flou, peu défini et difficilement mesurable.
-    La classe créative est définie par une liste de métiers : artiste, rédacteur, professeur, etc. Or, ce n’est pas le métier qui fait le potentiel créatif d’un individu.
-    Que fait-on des individus créatifs à faible niveau d’étude et pratiquent un emploi qualifié de peu créatif ?
-    Comment mesurer ou même comprendre la notion de ‘talent’ ? Là aussi Florida reste flou.
-    Le lien entre l’importance de la classe créative et la croissance économique d’une ville n’est pas montrée.
-    Il est montré que la classe créative habite plutôt les banlieues que les villes aux USA.
-    Les travaux d’adaptation de la théorie en Europe ont tendance à invalider la théorie.
-    Les indices (3 T) de Florida ne sont pas significatifs.
-    La classe créative est présente dans toutes les villes, sans différence très significative.

La plupart de ces critiques ( la liste n’est pas exhaustive) sont émises à partir de Levine (2004) et la bonne synthèse de Chantelot.


Malgré tout ça, on ne peut pas reconnaître la place nouvelle que tient la créativité dans le monde hypermoderne. À voir, donc.

Références :
Chantelot S ( ?), Talent et développement régional : enseignement et limites
Levine V. M. (2004), La « classe créative » et la prospérité urbaine : mythes et réalités, Conférences Villes Régions Monde INRS-Urbanisation, Culture et société

Par boris maynadier - Publié dans : hypermodernité
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /Juil /2006 12:58
La "nouvelle classe créative" permet de comprendre les villes (et mutatis mutandis les territoires en général) selon le "Global Creativity Index", selon Richard Florida.

Cet indice s'appuie sur trois facteurs mesurables :
- La technoogie
- Le talent
- La tolérance

En 2005, selon les chiffres de Florida, le pays avec le meilleur indice est la Suède, suivie du Japon  et de la Finlande. Less USA sont en 4ème position (le déclin commence) et la France en 17ème (le déclin continue).

Les territoires ayant un fort indice global de créativité attirent bien entendu la classe créative plus facilement...
Par boris maynadier - Publié dans : hypermodernité
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