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Publié par boris maynadier

Une IBA est un ouvroir de potentialités. La structure IBA a vocation à condenser des moyens financiers et humains au servive de projets sur un territoire donné, dans une période donnée.

Quelles sont les conditions pour lancer un IBA ?

La définition d'un cadre géographique et temporel est une condition majeure, nous l'avons vu. Les frontières de ce cadre peuvent bénéficier d'un certain flou pour tenir compte de la nature ouverte des projets. Mais elles doivent être posées dès le départ. Par exemple, l'IBA Hambourg prend place dans le quartier de Wilhelmsburg, une île sur l'Elbe et en déborde assez peu. La limite temporelle de 2013 est tenue, mais l'IBA prolongée pour laisser le temps de parachever les derniers projets portés.

La seconde condition majeure est d'avoir une problématique à traiter avec l'IBA. Sans une question centrale, qui soit la colonne vertébrale de la démarche, il est impossible d'apporter des réponses pertinentes ou même de définir des thèmes pertinents à traiter. Cette problématique doit être ancrée dans un projet de territoire, donc dans une vision politique. On voit alors que le projet de l'IBA a vocation à être transversal : culturel, social, économique, etc. Mais on s'aperçoit ici qu'une IBA n'est pas toujours conçue comme ça.

Quelques pièges ?

Un piège réside dans le nom même des IBA : en allemand, exposition internationale d'architecture. Si l'exposition n'a pas disparu, elle est devenue secondaire dans le concept. Donner à voir est important, la notion d'exposition pas forcément pertinente. Puis l'architecture : les IBA ont évolué vers quelque chose d'intéressant par leur transversalité. Un tel projet ne devrait pas se limiter à la seule question de l'architecture. Ni de l'urbanisme. Car on s'aperçoit, au regard de ce qui existe, que la démarche est pour l'instant largement "urbanistique", au sens de confisquée par urbanistes. Malgré les discours, la société civile, les habitants, les entreprises, le monde économique en général semblent peu investis. Un des pièges à éviter est donc qu'un projet de type IBA soit fait par des urbanistes dans une perspective de transformation spatiale seulement.

Un second piège que j'ai pu identifier dans les discours est celui de l'IBA pour l'IBA. Il me semble qu'un IBA est au service de projets qu'elle porte. Pas l'inverse. L'IBA n'a pas vocation à durer, son succès est dans sa disparition. Et aussi peut-être dans son effacement derrière les projets qu'elle porte. Le piège serait celui d'une institutionnalisation définitive de l'IBA, qui perdrait alors la force de sa spécificité : sa mortalité programmée.

Pourquoi les IBA ?

C'est une question que les responsables français peuvent se poser : pourquoi (pas) lancer quelque chose comme une IBA ? Il y a une expérience. Il y a un format. Et un intérêt manifeste. Si l'on regarde autour de nous, on observe des choses approchantes. Pensons par exemple à l'Île de Nantes, véritable centralité métropolitaine en construction. Le mode du projet, s'inscrivant un rapport au temps long, de ce qui se fait au fur et à mesure, en tenant davantage compte de la complexité territoriale, est parfois plus intéressant que la planification. Peut-être la France a-t-elle besoin d'inventer ses propres modes d'intervention souples pour transformer les territoire et leur donner du sens.

Branding

Un IBA - et plus largement un projet urbain - ça n'est pas que du marketing territorial. Mais ça en est quand même massivement, à plusieurs niveaux : marketing du projet lui-même, marketing des institutions impliquées, marketing du territoire, de la ville au sens large. Les élus, urbanistes et architectes font eux-mêmes le marketing de leur projet (comme l'a très bien montré Rosemberg (2000)). Ce type de projet participe à l'identité territoriale, identité qui se construit dynamiquement via les projets. Les questions de marque territoriale sont donc centrales, qu'elles soient traitées par les élus, urbanistes et architectes ou par d'autres acteurs. Avec ou sans nouveau logo.

(1) Rosemberg M. (2000), Le marketing urbain en question, production d'espace et de discours dans quatre projets de ville, Paris, Economica.