Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /2009 20:39
Face au fonctionnement de l'économie telle qu'on la connaît, certaines villes peuvent se révéler très fragiles. Cette fragilité les touche sur le plan économique, mais pas seulement. Une ville en crise peut voir sa population diminuer drastiquement (avec les conséquences économiques, sociales, culturelles que vous pouvez imaginer), se désertifier, et se trouver fragilisée dans son existence même de ville.

Ainsi Yubari est une ville japonaise dont nous ne parlerions sûrement pas sans la campagne de promotion lancée pour la sortir de sa crise. En 2007, la ville est en faillite, avec 353 millions de dollars de dettes. La population de la ville est divisée par 10 depuis les années 1970, en faisant une sorte de ville fantôme fascinante. L'économie minière s'est effondrée, et celle du tourisme ne s'est pas révélée une voie stratégique très pertinente pour la remplacer. La vidéo ci-dessous, issue du site de la revue Monocle, montre l'état de la ville.




La situation semble pour le moins compromise pour la ville. Cependant, dans un sursaut qui se veut salutaire, Yubari se lance dans une campagne de promotion touristique. Bien entendu, une telle campagne concerne autant les habitants de la ville que les touristes potentiels. Naît alors la campagne, un peu ironique, "No money but love", créée par l'agence Beacon Communications, à Tokyo.
 
Le concept de la campagne s'appuie sur la fait que Yubari est la ville au Japon qui a le taux de divorce le plus bas. Donc, l'amour... Bon, si cette information est vraie, il serait intéressant d'étudier ça : une ville en faillite avec le taux de divorce le plus faible du pays. Voici la campagne :







Et la campagne a remporté un Lion d'Or à Cannes (Lions), en 2009. Ce genre de prix vaut vraiment de l'or pour les publicitaires du monde entier. Il semble que, outre les résultats de la campagne, la dimension territoriale, non marchande, de la campagne, ait touché le jury. Illustration en vidéo :






Côté résultats, c'est difficile à évaluer, mais voilà ce qu'avancent les responsables :
- Équivalent valeur publicitaire (AVE pour les intimes) : 1,5 millions de dollars
- Croissance de 10% par an du nombre de visiteurs (mais de combien part-on ?)
- 31 millions de dollars générés pour alléger la dette (comment cela est-il mesuré ?)

Mais bon, les Lions à Cannes, les personnages sympas, le taux de divorce, c'est sûrement très bien, mais on voit assez peu où cela peut mener la ville. Peut-être tout cela s'inscrit-il dans une démarche stratégique plus vaste, que je ne connais pas, sans quoi la campagne de promotion risque de s'avérer un tantinet insuffisante pour infléchir le destin de Yubari.
 
Par boris maynadier - Publié dans : Yubari
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Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /2009 17:42
La photographie est un mode de questionnement de la ville et de sa signification qui mérite l'attention de tous, citadins, élus, et autres responsables urbains. Le percept artistique met en jeu le sens de la ville, comme David Cousin-Marsy le fait dans ses séries, notamment celle des villes invisibles.

Les problématiques du photographe qui aborde la ville ne sont pas identiques à celles de l'urbaniste, ou du gestionnaire. Elles prennent une tout autre forme, dans la mesure où ce qu'il cherche, c'est l'effet de la perception. Le mode d'action est différent, mais c'est tout de même toujours cette question du sens qui est au centre : sens à construire, qui n'est pas donné, mais qui est inventé même là où il semble s'échapper. Le non-lieu n'apparaît pas comme un lieu sans signification. Il ne s'agit pas non plus de dire que son sens est appauvri. Il est autre. Il se manifeste selon des règles immanentes différentes de celui des autres lieux. Mais du sens il y a. 

L'auteur connaît bien ces questions non seulement comme photographe, mais aussi comme "professionnel de la ville", comme le montre son cv. La photographie peut aider à traiter des problématiques autres que celles du percept artistique, en croisant avec d'autres approches. L'effort à fournir est celui de la rencontre des questionnements : gestionnaires, d'urbanistes, d'élus, de responsables, d'artistes. un travail encore largement à construire, mais envisageable, donc.



Il peut paraître paradoxal d'aborder la question des villes invisibles par la photographie. Qu'on ne s'y trompe pas, le photographe donne à voir ce que l'oeil ne perçoit pas habituellement, s'il ne cherche pas à voir : hétérotopies, ubiquités, projections imaginaires et symboliques dans le réel des non-lieux. Voir les villes invisibles, c'est se rendre compte de la complexité d'un endroit qui ne peut être uniquement ce qu'il est. Et pour se dépasser, il bouge, il est mis en mouvement par la photographie. Autre paradoxe ? Bienvenue dans l'univers de David Cousin-Marsy, qui en dit lui-même un peu plus ici.



Par boris maynadier - Publié dans : Les images de la ville
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /2009 22:36
Jean Haëntjens coordonne le dernier numéro de la revue Futuribles, consacrée à la réflexion sur l'avenir des villes européennes.

L'éditorial est disponible ici, sur le site de la revue.
Le papier de Jean Haëntjens, intitulé "Stratégies et avenir des villes européennes" est disponible .



Le numéro est passionnant, la question de l'évolution des villes européennes étant tout à fait d'actualité. On y trouve un entretien avec Gérard Collomb, un papier de David Mangin entre autres... et un petit encadré de ma part sur le city branding (dans cet article), thème qui a aussi son importance.


Par boris maynadier - Publié dans : Actus et liens
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Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /2009 11:21
"J'aime Toulouse" (site)



Une campagne de marketing viral / teasing en cours depuis quelques semaines pour la ville de Toulouse.

La tension est à son comble... 
Par boris maynadier - Publié dans : Toulouse
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 15:25
François Ascher, penseur interdisciplinaire de la ville et de notre temps, théoricien de l'hypermodernité, est décédé le 8 juin 2009 (voir aussi ici). Il a obtenu le Grand Prix de l'urbanisme 2009, au mois de mai.



Ses travaux sont très précieux pour les réflexions à venir sur la ville et l'évolution de nos sociétés. La théorie de l'hypermodernité qu'il développe avec bonheur permet de rendre compte de l'évolution du monde, et d'éviter l'écueil relativiste de la théorie de la postmodernité.

Pour ma part, je mobilise très largement ses travaux dans mes recherches, et ne peux que conseiller très vivement leur lecture à quiconque s'intéresse à la ville et à notre époque. Je lui dois aussi un regard pertinent sur mon travail, (il aurait pu faire partie de mon jury de thèse) bien que nous n'ayons eu, finalement, que peu de contacts. Je conseille la lecture de ses bouquins, et aussi son intervention sur la notion de mobilité dans les sociétés hypermodernes à l'Université de tous les savoirs, dont voici ici le texte, et qui peut être vue ici. Pour avoir le point de vue d'un urbaniste averti sur les travaux de François Ascher, je conseille d'aller voir chez belan.



Par boris maynadier - Publié dans : Actus et liens
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